Entre deux mondes de Olivier Norek

 

 

 

 

 

 

 

 

 

QUATRIEME DE COUVERTURE

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.

Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

L’AUTEUR :

Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis lieutenant à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 depuis dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de trois romans largement salués par la critique et traduits dans plusieurs pays, ainsi que le lauréat de nombreux prix littéraires. Après Code 93Territoires et Surtensions, il nous invite dans un monde Entre deux mondes que nul ne peut imaginer, où se rencontrent deux inspecteurs que tout semble opposer et qui devront unir leurs forces pour sauver un enfant.

MON AVIS

Comme tout le monde j’ai entendu parler de la Jungle de Calais par les médias. Mais ce livre est comme un coup de poing que j’ai reçu en pleine figure. Il est poignant, bouleversant, fort. C’est un livre sur la survie. Très bien écrit de surcroît.

On ne sort pas indemne de cette lecture. Je suis encore sous le coup de l’émotion mais je vous invite vivement à lire cet ouvrage.

Extrait :

« Feux de camp. Caravanes sans roues rescapées des fourrières. Des visages par milliers, d’Afrique du Nord, d’Afrique noire, d’Asie et du Moyen Orient. Des chiens errants, la queue entre les jambes. Des chants d’enfants. Une musique pop pakistanaise quelque part au loin. Des relents de poubelle se mélangeant aux odeurs de cuisine. Quelques humanitaires aux têtes blondes portant des tee-shirts de la Croix Rouge, des Médecins sans Frontières ou d’autres associations dont Bastien n’avait jamais entendu parler. Des hommes en djellaba à la barbe longue, d’autres en jean, cigarette et bière à la main, pas de femmes, quelques gamins seuls, sales, souriants, se courant après ».

Extrait :

« Quand ils (les iraniens) sont arrivés sur place, ils ont vu un morceau de forêt, alors ils ont appelé l’endroit « la Forêt ». En langue perse, jangal. Ici, on a entendu « jungle », prononcé à l’anglaise. Un simple quiproquo. »

Extrait : 

« Les accords du Touquet, lieutenant. Le texte place la frontière de l’Angleterre en France à Calais, et pas à Douvres. Et pour que ça reste comme ça, les British paient cher. Dernièrement, plus de vint millions d’euros rien que pour mettre en place toute la ligne de barbelés qui protège la nationale et l’autoroute des attaques de migrants ».

Extrait :

« Ouais. Les migrants fuient un pays en guerre vers lequel on ne peut décemment pas les renvoyer mais de l’autre côté, on les empêche d’aller là où ils veulent. C’est une situation de blocage, on va dire. Pour la deuxième fois de la journée, Bastien entendait cette expression et le sentiment diffus provoqué la première fois se précisa.

  • Vous croyez aux fantômes, Passaro ?
  • Je ne me suis jamais posé la question. Vous parlez des esprits qui hantent les maisons ?
  • Exact. Coincés entre la vie terrestre et la vie céleste. Comme bloqués entre deux mondes. Ils font penser à eux, oui. Des âmes, entre deux mondes ».

Extrait : 

«  Ici, c’est le souk, mais puisque tu as traversé la Jungle dans tous les sens, tu dois le savoir. Tu peux tout acheter. Si tu as de l’argent, tu ne manqueras de rien. Tu as de l’argent ? Instinctivement, Adam croisa les bras devant son ventre pour sentir, sous son tee-shirt, le renflement de la pochette accrochée autour de sa taille. Avec son argent et son passeport dedans, elle ne le quittait jamais.

  • Pas grand-chose répondit-il.
  • Pas grand-chose pour qui ? Pas grand-chose, c’est quelque chose. Je sais que tu as de l’argent, puisque tu viens d’arriver. Comme tout le monde tu as vendu tout ce que tu avais pour ce voyage, et tu gardes de quoi payer le passage vers Youké (United Kingdom), si c’est ce que tu veux. Mais tu dois toujours répondre non. « Non je n’ai pas d’argent ». Sinon, tu vas recevoir une visite de nuit. Tu comprends ? De toute façon, si tu te débrouilles bien, la nourriture est gratuite ».
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