Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quatrième de couverture

La lignée des Scorta est née d’un viol et du péché. Maudite, méprisée, cette famille est guettée par la folie et la pauvreté. A Montepuccio, dans le sud de l’Italie, seul l’éclat de l’argent peut éclipser l’indignité d’une telle naissance. C’est en accédant à l’aisance matérielle que les Scorta pensent éloigner d’eux l’opprobre. Mais si le jugement des hommes finit par ne plus les atteindre, le destin, lui, peut encore les rattraper.

Biographie de l’auteur :

Laurent Gaudé est un écrivain français né en 1972 en France.

Ancien élève de l’École Alsacienne de Paris, il a fait des études de Lettres Modernes à Paris III et d’Études Théâtrales. Il prépare l’agrégation mais ne sent pas d’attirance pour l’enseignement. Son sujet de thèse porte sur le théâtre. Il décide de vivre de sa plume et publie sa première pièce, « Onysos le furieux », en 1997.

Ce premier texte sera monté en 2000 au Théâtre national de Strasbourg dans une mise en scène de Yannis Kokkos. Suivront alors des années consacrées à l’écriture théâtrale, avec notamment « Pluie de cendres » (2001) jouée au Studio de la Comédie Française, « Combat de Possédés » (1999), traduite et joué en Allemagne, puis mise en lecture en anglais au Royal National Theatre de Londres, « Médée Kali » (2003) joué au Théâtre du Rond Point et « Les Sacrifiées » (2004).

Parallèlement à ce travail, Laurent Gaudé se lance dans l’écriture romanesque. En 2001, âgé de vingt neuf ans, il publie son premier roman, « Cris ». L’année suivante, en 2002, il obtient le Prix Goncourt des Lycéens et le prix des Libraires avec « La mort du roi Tsongor », son deuxième roman.

En 2004, il remporte le prix Goncourt ainsi que le prix du jury Jean-Giono avec son roman « Le Soleil des Scorta » qui sera également un succès de librairie (80 000 exemplaires vendus entre la parution du roman et l’attribution du prix Goncourt).

Paraîtront ensuite « Eldorado » (2006), « La Porte des Enfers » (2008), « Ouragan » (2010), « Pour seul cortège » (2012). En 2015, il publie « Danser les ombres » qui se situe à Haïti lors du tremblement de terre de 2010.

« De sang et de lumière », son premier recueil de poésies, paraît en 2017.

Romancier et dramaturge, Laurent Gaudé est aussi auteur de nouvelles, d’un beau livre avec le photographe Oan Kim, d’un album pour enfants, de scénario.

Mon avis :

J’ai apprécié ce livre dès les premières lignes de la première page. Les mots et les ressentis sont justes. Cela m’a encouragé à poursuivre le roman. Les mentalités, le mode de vie, l’influence de l’Eglise, les vins, la chaleur étouffante et le soleil, puissant et dangereux qui brûle tout. Tout y est !  Tout y est tellement vrai qu’on en arrive à penser que l’auteur y est né, y a grandi.

Un livre superbe et puissant, des phrases ciselées. C’est un véritable bonheur que de lire cet auteur.

Extrait :

« La chaleur du soleil semblait fendre la terre. Pas un souffle de vent ne faisait frémir les oliviers. Tout était immobile. Le parfum des collines s’était évanoui. La pierre gémissait de chaleur. Le mois d’août pesait sur le massif du Gargano avec l’assurance d’un seigneur. Il était impossible de croire qu’en ces terres, un jour, il avait pu pleuvoir. Que l’eau ait irrigué les champs et abreuvé les oliviers. Impossible de croire qu’une vie animale ou végétale ait pu trouver – sous ce ciel sec- de quoi se nourrir. Il était deux heures de l’après-midi, la terre était condamnée à brûler ».

Sur un chemin de poussière, un âne avançait lentement. Il suivait chaque courbe de la route, avec résignation. Rien ne venait à bout de son obstination. Ni l’air brûlant qu’il respirait. Ni les rocailles pointues sur lesquelles ses sabots s’abîmaient. Il avançait. Et son cavalier semblait condamné à un châtiment antique ».

Extrait :

« Ce qui disent que nous sommes pauvres n’ont jamais mangé un bout de pain baigné d’huile de chez nous. C’est comme croquer dans les collines d’ici. Ca sent la pierre et le soleil. Elle scintille. Elle est belle, épaisse, onctueuse. L’huile d’olive c’est le sang de notre terre. Et ceux qui nous traitent de cul-terreux n’ont qu’à regarde le sang qui coule en nous. Il est doux et généreux. Parce que c’est ce que nous sommes : des culs-terreux au sang pur. De pauvres bougres à la face ravinée par le soleil, aux mains calleuses, mais au regard droit. Regarde la sécheresse de cette terre tout autour de nous, et savoure la richesse de cette huile ».

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