Coquelicot de Anne Sylvestre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

« Coquelicot. C’est un cri, c’est un appel, c’est un mot de joues rouges et de course folle dans les blés, de mollets piqués par les chardons, de roulades et de cul par-dessus tête dans le fossé.

C’est un mot claquant, insolent, cueille-moi si tu l’oses, je me fanerai aussitôt mais regarde : je suis légion. Je pousse et je re-pousse, et dans cette flaque rouge tu ne sais plus où poser les yeux. Coquelicots, cavalcade, concours à qui sera le plus rouge, tes joues ou moi ».

Tout en subtilité et profondeur, Anne Sylvestre invoque les mots qui la touchent et l’émeuvent, dévoilant à travers eux la matière même de sa vie. Entre les souvenirs ressurgis et les petits bonheurs du quotidien, entre les coulisses de la scène et les champs de son enfance, ses textes nous plongent avec émotion dans son intimité.

L’auteur :

Artiste emblématique de la chanson française, Anne Sylvestre est auteur-compositeur-interprète. Coquelicot est son premier livre.

Mon avis :

Une succession de textes qui sont de véritables bijoux. Quel bonheur ! Je n’en dirai pas plus.

Extrait de « Cahier »

« Pour en revenir aux cahiers, je les aime à la folie. J’en ai des boîtes pleines, des tiroirs et des cartons. Je ne sais plus où les ranger, je les regarde parfois mais toujours il m’en manquera un, justement celui-là, là ! Mes amis connaissent mon vice et m’en offrent sans arrêt (je prends ça pour une allusion délicate, « écris, mais écris donc ! ».

Ils sont beaux, j’ai peur de les commencer, et si j’allais faire une rature, un raté ? J’hésite et j’en commence un autre, bien ordinaire en papier recyclé jaunâtre, laissant dormir en paix ces papiers faits à la main, pur chiffon, incrustés de paillettes d’or ou de fleurs séchées, ces couvertures en cuir repoussé, parchemin ou toile précieuse, ces merveilleux carnets fermés d’un élastique, et je culpabilise, je me torture : jamais je n’aurai le temps de les remplir tous ».

Depuis que je suis enfant, je collectionne moi aussi carnets et cahiers de toutes sortes, de toutes épaisseurs avec des lignes, des petits carreaux ou grands carreaux. Moi aussi j’en ai des cartons pleins, parfois jaunis par le temps mais que je n’ai pas osé commencer de peur justement de mal les commencer. Certains d’entre eux sont communs, d’autres possèdent de belles couvertures. J’en suis fada ! Cela me rassure d’avoir découvert aujourd’hui que je ne suis pas la seule.

Extrait « Petits mots »

« Chez nous, jamais personne n’a quitté la maison sans laisser derrière soi, sur la table, un bisou, je rentre à telle heure, je n’ai pas voulu te réveiller, encore bisou, je rapporte du pain, les fleurs, le journal… Il y a des surprises dans le frigo, qui a mangé tout le chocolat ? Laisse bien la clé sous le pot de fleurs, je t’aime… et des petits cœurs sur l’oreiller, dans les poches du manteau… infime douceur pour plus tard. »

Merci Anne Sylvestre, je me suis régalée. Vraiment régalée.

Un grand merci à toi Catherine qui m’a fait connaître cette pépite.

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