La nuit des béguines de Aline Kiner

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Quatrième de couverture :

A Paris, au Moyen Age, un bâtiment singulier borde la rue de l’Ave Maria, dans le Marais : le grand béguinage royal, fondé par saint Louis. Dans ses murs, vit une communauté de femmes hors normes. Veuves ou célibataires, nobles ou ouvrières, elles peuvent étudier, travailler, circuler librement dans la cité. Mais en 1310, la sérénité du béguinage est troublée par l’exécution en place de Grève de Marguerite Porete, une béguine de Valenciennes brûlée vive pour avoir écrit un livre qui compromet l’ordre établi… C’est là que commence le roman, alors que le royaume de Philippe le Bel amorce son déclin et que les persécutions contre les Templiers se multiplient. Ysabel, responsable de l’hôpital, vit là depuis vingt ans lorsque la jeune et rousse Maheut s’y réfugie. Celle-ci fuit des noces imposées par son frère, et la traque d’un inquiétant moine franciscain. Son arrivée est mal accueillie par la majorité des femmes du clos : les cheveux roux ne sont-ils pas l’oeuvre du Diable ? Dame Ade, qui aspire à se tenir en retrait du monde depuis la mort de son mari, regarde elle aussi avec méfiance la nouvelle venue. Ysabel est obligée de cacher sa protégée ailleurs dans la cité… Ce n’est que le début d’un saisissant suspense qui nous emmène dans une époque charnière d’une étonnante actualité.

L’auteur :

Aline Kiner, née en Moselle, vit aujourd’hui à Paris où elle est rédactrice en chef des hors-série du magazine Sciences et Avenir. Passionnée par l’histoire, elle a coordonné de nombreux dossiers consacrés au Moyen Age, interrogé Georges Duby, Jacques Le Goff, ou encore Claude Gauvard. En 2004, elle publie La Cathédrale, livre de pierre aux Presses de la Renaissance. Aux éditions Liana Levi ont paru Le Jeu du pendu (2011, et Piccolo n°86) et La Vie sur le fil (2014). Elle dépeint dans ce nouveau roman une liberté et une indépendance que les femmes ne connaîtront plus avant des siècles.

Mon avis :

Nous sommes en 1310 sous le règne de Philippe Le Bel. Les caisses de l’Etat sont vides. L’inquisition traque les juifs, les musulmans, les cathares, les templiers. Un grand nombre de femmes désirent entrer dans la vie religieuse : il y a une surpopulation féminine due aux croisades. Mais les couvents sont pleins, alors, d’autres formes de vies religieuses sont recherchées.

L’histoire des béguines  se déroule entre 1310 et 1317. Ce sont des femmes intelligentes, cultivées, très pieuses. Elles vivent en communauté mais ne sont pas des religieuses : elles sont libres, travaillent ou se dévouent. Elles sont instruites : connaissent le latin, les vertus des plantes, les affaires… Elles ne sont pas mariées, elles sont parfois veuves.  Les béguines ont un statut particulier et sont protégées par le roi. A une époque où l’Inquisition est toute-puissante, les béguines « dérangent » et sont souvent traitées en hérétiques.

Il ne faut pas chercher dans ce livre, une histoire avec de grands rebondissements. L’auteur nous décrit la vie de tous les jours sous Philippe Le bel : l’état des villes, des rues, le manque d’hygiène, les coutumes et de ce point de vue le livre est mine ! Certes le fil conducteur est l’histoire de Maheut, cette jeune fille mariée de force, violentée (ce qui n’était pas rare pour l’époque!), qui parvient à s’enfuir et qui est recueillie par Ysabel, une béguine. A travers elle c’est l’histoire du béguinage que nous vivons.

Un très beau livre, très documenté et merveilleusement bien écrit.

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