le lys de Brooklyn de Bettie Smith

 

le lys de Brooklyn

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

Dans le quartier de Williamsburg, Brooklyn, entre 1912 et 1920.

Francie Nolan a 9 ans, des rêves plein la tête, un optimisme à toute épreuve et une envie un peu folle : écrire. Écrire sur sa mère, Katie, qui sait insuffler de la poésie dans leur quotidien ; sur Johnny, son père, son héros, la plus belle voix de Brooklyn ; sur Neeley, son petit frère, un débrouillard qui court les rues avec ses copains ; sur ses tantes, la douce Evy qui a marié le laitier et la pétulante Sissy, qui collectionne les  » John « , des fiancés si éphémères qu’elle ne prend plus la peine de retenir leur véritable prénom ; sur l’arbre dans la cour, dans lequel elle s’abrite du soleil en été ; sur Williamsburg, son quartier, où tout le monde se connaît et s’entraide.
Mais Francie voudrait aussi pouvoir écrire la vérité : sur sa mère qui s’use les mains à faire des ménages ; sur son père qui dépense le peu d’argent qu’il gagne au café du coin ; sur Neeley et les petits de Williamsburg qui fouinent, fouillent, volent ferrailles et haillons pour les revendre aux chiffonniers ; sur la faim qui les tenaille jour après jour ; sur ces hivers où il fait si froid ; sur Williamsburg, le quartier le plus misérable de New York, celui où échouent tous les immigrants venus chercher fortune en Amérique. Alors Francie va lire tous les livres de la bibliothèque, écouter toutes les histoires de sa grand-mère, observer toute la vie de Williamsburg, avant de réussir à trouver sa voix…

 

L’auteure :

Née en 1896, Betty Smith passe toute son enfance dans le quartier de Williamsburg, à Brooklyn. En 1919, elle épouse George Smith, un étudiant en droit dont elle aura deux filles. En 1938, elle divorce, s’établit en Caroline du Nord avec ses filles et multiplie les petits travaux. L’année 1943 est un tournant puisqu’elle rencontre Joseph Jones, qui deviendra son second mari, et que paraît Le Lys de Brooklyn. Le succès est tel qu’il sera adapté par Elia Kazan au cinéma en 1945 et joué à Broadway en 1951. Même si elle écrira trois autres romans, aucun ne connaîtra le même succès. Betty Smith s’est éteinte en 1972 dans le Connecticut, à l’âge de 75 ans.

 

Mon avis :

Il s’agit d’un livre autobiographique qui retrace l’histoire d’une famille (les Nolan) issue de l’immigration irlandaise. On suit leur histoire de 1900 à 1920. Katie et Johnny vivent à Williamsburg au cœur de Brooklyn avec leur deux enfants Francie et  Neeley. Ils vivent dans la misère mais sont fiers, honnêtes et courageux. Le travail ne leur fit pas peur. Katie, la mère fait des ménages, s’occupe de sa famille. Elle a une forte personnalité et puise sa force dans l’amour de sa famille. Elle comprend très vite que seule la culture pourra sortir ses enfants de la misère. C’est pour cela que tous les soirs elle leur lira une page de l’œuvre de Shakespeare et une page de la bible protestante. Lorsque ses enfants sauront lire, elle veillera qu’ils poursuivent seuls cette lecture.

Le père est un artiste. Il chante mais au fond il ne s’est jamais senti prêt à assumer son rôle de père. Alors il boit. C’est pourtant un bon père très proche de sa fille. Katie elle préfère incontestablement son fils Neeley. Les deux enfants sont malgré tout très proches et Francie très protectrice envers son frère.

La misère est leur lot de tous les jours et malgré tout parviennent à épargner. Ils ne mangent pas à leur faim mais sont très inventifs pour gagner sou après sou.

J’ai beaucoup aimé la force de caractère des personnages de Katie d’abord, de Francie ensuite, dont la détermination très précoce pour les études, la lecture, est absolument admirable. Jamais elle n’abandonnera le but qu’elle s’était fixée.

 

C’est un livre que j’ai trouvé émouvant, magnifique et très bien écrit. Beaucoup d’amour se dégage des pages de ce livre. On y découvre que la pauvreté n’exclut pas l’entraide, bien au contraire.

 

Voici quelques extraits :

« Tout le secret est dans la lecture, dans l’écriture. Tu sais lire. Il faut que tu lui lises chaque jour une page d’un bon livre. Chaque jour. Il le faut, jusqu’à ce que l’enfant sache lire elle-même. C’est elle, alors qui lira chaque jour. C’est là le secret, j’en suis sûre. Je lirai donc, promit Katie. Qu’est-ce que tu appelle un bon livre ? Il y a deux grands livres. Shakespeare est un bon livre. J’ai entendu lire que toute la merveille du monde est dans Shakespeare ; tout ce que l’homme a appris de beau tout ce qu’il peut atteindre, de la sagesse et de la vie, est là-dedans. On dit que ses histoires sont des pièces faites pour être jouées dans un théâtre. Je n’ai jamais connu personne qui ait vu cette chose-là. Mais j’ai entendu le seigneur chez nous, en Autriche, dire que quelques-unes des pges de Shakespeare se chantent comme des chansons…….

Et l’autre grand livre ? C’est la Bible, celle que lisent les protestants…..Il ne convient pas à une bonne catholique de le dire, mais je crois que la Bible des protestants contient à un plus haut degré les beautés de la plus grande histoire de ce monde et de l’autre. Une amie à moi, une protestante, et que j’aimais beaucoup, m’a lu un jour des choses de sa Bible et j’ai trouvé cela… enfin… comme je viens de te le dire…

Chaque jour tu liras une page de l’un et de l’autre à ton enfant, même si tu ne comprends pas ce qui est écrit, même si tu ne sais pas très bien prononcer les mots. Tu dois le faire, pour que l’enfant grandisse en connaissant ce qui est beau pour qu’elle sache que ces sales maisons de Williamsburg ne sont pas l’univers ».

Extrait n°2

« Johnny aimait avoir des vues théoriques sur les choses. Il avait adopté depuis peu cette opinion : que la vie lui était trop lourde à porter, et, afin d’oublier la vie, il buvait davantage. Francie apprit à savoir quand il avait bu que de raison : il marchait plus droit en rentrant chez lui, avançait prudemment, un peu de travers. Ivre, il était calme, ne braillait pas, ne chantait pas et devenait, non pas sentimental, mais rêveur. Les gens qui ne le connaissaient pas bien, croyaient qu’il était soûl quand il était à jeun, parce qu’à jeun il était toujours un peu plus excité et prêt à chanter ».

 

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